[EDITO] Pourquoi la Ligue des Champions est mieux que la Coupe du Monde

J’ai déjà écrit un article pour expliquer que la Coupe du Monde était mieux que la Ligue des Champions, juste ici. Cet article est, comme le précédent, à vocation humoristique.

La Ligue des Champions recommence bientôt. Il y a peu, je défendais la Coupe du Monde contre la Champions. Avis de faible. La Ligue des Champions, ça c’est du foot. Pas une réunion de footix qui regardent le foot un mois, l’abandonnent en traitant tous les joueurs de « millionnaires qui courent après un ballon » et reviennent à quatre pattes deux ans plus tard pour l’Euro. J’avais donné quatre raisons selon lesquels la Coupe du Monde était une meilleure compétition, alors j’en donnerai cinq ici.

Vraies équipes, vrai niveau

La sélection c’est bien mignon, mais combien de fois avons-nous entendu que « mais Messi en Argentine il peut pas tout faire c’est pour ça qu’il réussit pas ». Messi en Ligue des Champions l’année dernière, c’est une tête de Manolas extraordinaire et une humiliation comme on en a peu vues dans le football. Il n’avait pas une meilleure équipe que la Roma, là ? En Ligue des Champions c’est que des équipes d’un gros niveau, pas de joueur tout seul parmi les chèvres. Si l’équipe perd, c’est parce qu’elle a été moins bonne que celle d’en face, malgré les gros moyens des deux équipes. On ne peut pas rejeter la faute sur un joueur ni n’en encenser qu’un. C’est un sport d’équipe le foot, non ?

Cette photo n’a pas besoin de légende : deux sont déjà dessus.

Le match aller-retour, la plus grande invention de l’histoire du foot

Le PSG bat le Barça 4-0 à l’aller ? Aucun problème, le Barça en plante 6 au retour. L’année qui suit, le Barça bat 4-1 la Roma au match aller ? Les romains l’emportent 3-0 au retour. Exceptionnel. Vous verriez ça en Coupe du Monde ? Non. Soit c’est serré, soit c’est un massacre, mais dans tous les cas c’est bien trop court. En Ligue des Champions, on a minimum trois heures de match, des tactiques exceptionnelles mises au point et les plus beaux matchs de l’histoire du football. On pense notamment au match retour entre le Bayern et la Juve en 2016, qui fut un des plus beaux spectacles de l’histoire récente du foot, supporter ou pas. En bref, les matchs allers-retours donnent aux meilleurs entraîneurs une chance de l’emporter avec un effectif parfois plus limité que l’équipe d’en face, ce qui est plus rare en Coupe du Monde (sans pour autant dénigrer les entraîneurs ayant gagné le mondial).

Les giallorossi après leur victoire 3-0 contre le FC Barcelone, en quarts de finale de la Ligue des Champions

Du suspens, de la surprise

En Coupe du Monde, dès les phases de poules, il est possible pour les équipes de vouloir finir deuxième de leur groupe pour tomber dans la partie du tableau la plus « cool ». On se rappelle également de l’interview de Platini dans laquelle il confesse avoir fait en sorte que la France et le Brésil ne se rencontrent pas avant la finale en 1998. En Ligue des Champions, pas de coups montés : tout est fait au tirage au sort. Les parisiens qui prient pour ne pas tomber sur un club espagnol, les plus petites équipes pour éviter les gros. D’énormes affiches sont à savourer dès les premiers tours à éliminations directes, et c’est pour cela que la compétition est excitante et stimule les fans pendant des mois et des mois. Parce que c’est ça, le foot ! On ne veut pas de prédictions et d’équipes de faibles qui veulent finir deuxième de leur poule parce qu’ils savent que c’est un gros après. Les fragiles n’ont pas leur place, les complots non plus.

Ton club, ta vie

La sélection, c’est une compétition tous les deux ans, quelques matchs amicaux l’hiver et… c’est tout ? Alors forcément, on attend beaucoup la Coupe du Monde, mais on n’a pas toujours de petits chouchous dans son équipe nationale. Dans ton club, pas trop le choix : une quarantaine, voire une cinquantaine de matchs par saison. Tu connais tous les joueurs parfaitement, tu les aimes particulièrement. Le club, c’est une institution, un mode de vie. Des chants entre supporters, des cris chaque semaine devant les matchs, de l’agacement, de la joie, de la passion… le club fait partie de ta vie (que ton ou ta partenaire le veuille ou non, il passera toujours après, mais chut). Jamais la sélection ne pourra nous faire frissonner autant que notre club, c’est un fait (à moins d’être un faux supporter, mais je ne juge pas…).

Des tifosi de la Juventus

La rivalité avec les proches

La Coupe du Monde, c’est la facilité. Tout le monde supporte son pays, aucun désaccord, pas de rivalité : on vit nos joies et nos peines en même temps que notre entourage, ce qui n’est pas très fun. La Ligue des Champions, c’est différent. On a forcément, dans notre entourage plus ou moins proche, quelqu’un qui supporte un club différent du sien, pour des raisons diverses. C’est aussi cela, le football. La rivalité. Ton ami (à ce moment-là, un sacré con avant tout) a encore son équipe dans la course ? Tu lui hurles dessus et étale toute ta rage sur lui. Les supporters du Real prient plus pour l’élimination du Barça que pour la qualification de leur propre équipe et inversement… bref : le football ne doit pas être tout blanc, le côté tragique et l’opposition doit ressortir. Sinon, quel intérêt ?

BONUS : la musique. Parce que si vous aimez le foot et que vous ne frissonnez pas en écoutant ça, je ne peux plus rien pour vous.

Des équipes avec un niveau de folie, des matchs allers-retours à suspens, les tirages au sort, les frissons devant la réussite de son club que l’on suit toute l’année, les chambrages avec les proches… il y a vraiment mieux que cette compétition ? Arrêtez un peu. La Ligue des Champions est la compétition la plus excitante à suivre, et vos avis (chiants à mourir) n’y changeront rien.