Lacazette, la dure vie d’un frenchie à Londres

L’ancien Lyonnais semble enfin avoir trouvé sa place au sein de l’effectif d’Arsenal, sous la houlette d’Unai Emery. Tout n’était pourtant pas gagné au moment de son arrivée à l’été 2017. 

L’ancien attaquant et capitaine de l’Olympique Lyonnais, Alexandre Lacazette, a quitté son club formateur, lors de l’été 2017. Direction Arsenal, l’une des destinations anglaises favorites des Français de Ligue 1. Alors recruté pour près de 65 millions par les Gunners, Lacazette a d’abord eu du mal loin de ses terres. À Londres, il est loin de ses standards habituels. Il inscrit 14 buts et distribue 5 passes décisives en 31 rencontres de Premier League pour sa première saison. Un bilan honorable, mais qui peut s’avérer décevant quand on sait qu’il sortait d’un exercice 2016/2017 à 37 buts toutes compétitions confondues. Pourquoi cette baisse de régime ? Un temps d’adaptation, que l’on excuse évidemment. Rares sont les joueurs Français qui se sont rapidement et bien adaptés à la Premier League. On pense notamment à Marouane Chamakh ou encore à Florian Thauvin. « L’année dernière, c’était sa première année en Premier League, c’était une ligue différente de la Ligue française, une position différente pour lui, un rythme différent », commentait son coach Unai Emery. Ajoutons à cela la présence d’Olivier Giroud. La concurrence avec l’ancien Montpelliérain a quelques fois poussé Arsène Wenger à placer Lacazette sur un côté, un poste qui ne lui permet pas d’exprimer son talent à 100%. Difficile donc, de faire ses statistiques, et de convaincre un public anglais généralement impatient. Lacazzette vit 6 premiers mois compliqués.FOOTBALL : Premier League - Liverpool vs Arsenal - 27/08/2017

Des bâtons dans les roues

Au mois de janvier, désireux de retrouver du temps de jeu et suivant le conseil de Didier Deschamps, Olivier Giroud quitte les Gunners après presque 6 ans de loyaux services. Le 31 janvier, il débarque donc logiquement… à Chelsea. Si Lacazette pensait qu’il allait enfin pouvoir s’exprimer pleinement, il se trompait. Le même jour, Pierre-Emerick Aubameyang arrive à Londres en provenance du Borussia Dortmund pour s’engager avec Arsenal. Disons que les conditions pour qu’Alexandre Lacazette s’épanouisse sont loin d’être réunies. À peine arrivé, le Gabonais chipe la place de titulaire au Français. Un choix qui en dit long sur le degré de confiance d’Arsène Wenger envers Lacazette. Ainsi, Aubameyang est titulaire le 3 février contre Everton (victoire 5-1), et la semaine d’après contre le rival Tottenham défaite (1-0). Comme si le sort ne s’acharnait pas assez sur l’ancien Lyonnais, il est forcé de se faire opérer du genou et manque plus d’un mois de compétition. Le 28 mars, il est de retour à l’entraînement. Le 1er avril, il est sur la feuille de match alors qu’Arsenal reçoit Stoke City. Comme un symbole, pour un joueur qui ne lâche jamais rien, Lacazette retrouve ses sensations.

Le lion ne meurt jamais

Arsenal affronte donc une équipe de Stoke City qui lutte pour son maintien. Dans un match piège où le score est resté vierge jusqu’à la 75e minute, Arsenal mène finalement 2-0 grâce à deux buts d’Aubameyang. En toute fin de match, Badou N’Diaye bouscule Özil dans la surface : penalty. Généreux, Aubameyang se passe d’un triplé et offre le penalty à Lacazette qui se fait un plaisir de le transformer. La machine est lancée. Après ce match, le Français déroule. Il inscrit 8 buts et distribue 2 passes décisives sur les 11 dernières rencontres de la saison d’Arsenal. Sur ces 11 matches, il était titulaire à 7 reprises. Un retour en force vraisemblablement trop tardif pour Didier Deschamps qui ne l’emmène pas en Russie, malgré un doublé inscrit lors de sa dernière sortie en Bleus contre Allemagne. C’est donc de chez lui qu’Alexandre Lacazette a été témoin du sacre des Bleus en Coupe du monde. Pas assez pour décourager le numéro 9 d’Arsenal.Premier League - Arsenal vs Stoke City

Nouveau Challenge

C’est la reprise. Nouveau coach, nouveau défi. Après 22 ans, trois Premier League, sept Coupes d’Angleterre, sept Communuty Shield et une finale de Ligue des champions, Arsène Wenger quitte Arsenal. Le coach alsacien laisse derrière lui une équipe sans objectif, sans direction. C’est alors qu’arrive Unai Emery, le «responsable» de la remontada, celui qui n’a pas terminé champion de France avec le PSG en 2017, mais aussi celui qui a trois Ligues Europa de suite dans son sac. Lacazette ne sait pas tellement à quoi s’attendre quand le Basque débarque à Londres, et pour tout vous dire, nous non plus. Surtout que les Gunners n’ont pas été épargnés par le calendrier ; les deux premières rencontres d’Arsenal ne sont autres que la réception du champion en titre Manchester City et un déplacement chez le Chelsea de Maurizio Sarri. Deux matches qui se soldent malheureusement par deux défaites. Mauvais départ pour les Gunners donc, mais surtout pour Lacazette, sur le banc lors de ces deux rencontres, Emery lui ayant préféré Aubameyang. On semble reparti pour des semaines de galère… Sauf que.

Enfin l’apogée ?

Capture d_écran 2018-11-20 à 17.37.10Le lion ne meurt jamais, ou presque. Mais s’il meurt, il renaît de ses cendres. Lacazette doit être un mixe entre un lion et phénix. Enfin bref. Ce qui est bien avec Unai Emery, c’est qu’il n’est pas aussi têtu que son prédécesseur. Quand ça va mal, il n’insiste pas et bouscule tout. Après une première victoire décrochée dans la douleur contre West-Ham, Unai Emery décide de titulariser Lacazette à la pointe de l’attaque des Gunners lors du déplacement à Cardiff. Dans ce match, Arsenal mène 1-0 puis 2-1 avant de se faire reprendre. On joue la 81e minute quand Torreira voit le Français demander le ballon dans la surface. Il est servi, ça fait mouche. Lacazette offre les trois points à Arsenal. Après la défaite à Chelsea, Arsenal et son numéro 9 ont surfé sur un nuage. Les Gunners ont enchaîné 11 succès de suite toutes compétitions confondues. Et je pense ne pas me mouiller si je dis qu’Alexandre Lacazette a été le fer de lance de cette impressionnante série. En Premier League, il est impliqué dans 6 buts sur ses 6 premières titularisations (4 buts, 2 passes). Mais son apport va au-delà des statistiques. Il est le numéro 9 que toute équipe aimerait avoir. Évidemment, c’est un excellent finisseur, sa principale qualité de son temps à Lyon d’ailleurs. Il est capable de marquer du pied gauche, du pied droit et de la tête. Mais en Angleterre, il a pris une autre dimension dans sa manière de jouer au football. Il joue davantage pour l’équipe. Il n’hésite pas à demander le ballon dos au jeu, et sert parfaitement de pivot à Aubameyang ou Özil. Il est aussi rapide, et peut demander le ballon dans la profondeur pour prendre de vitesse ses défenseurs. De part ses appels, il crée également de nombreux espaces pour Aubameyang (6 buts en Premier League).

Vous l’aurez compris, la palette d’Alexandre Lacazette est variée. Il faut désormais qu’il pèse dans les gros matches, comme il l’a fait récemment lors d’un certain Arsenal-Liverpool, durant lequel il a inscrit le but égalisateur (1-1). Une forme qui lui a valu d’être appelé par Didier Deschamps pour pallier au forfait d’Anthony Martial mais comme s’il ne pouvait pas être enfin épanoui, il a du, à son tour, déclarer forfait après des discussions entre les staffs médicaux de l’équipe de France et d’Arsenal. Inutile de vous préciser que ce n’est pas si qui arrêtera Lacazette dans sa quête.